Le petit jeu correspond pour un golfeur au moment de vérité. Qu’il s’agisse de jouer un putt à 1 m du trou, un long putt, un chip ou de faire une sortie de bunker, un joueur sait qu’il a la possibilité, à ce moment-là, de finir le trou en 1 ou 2 coups. Il sait aussi qu’il peut encore aggraver un score déjà contraire ou gâcher une carte jusque là prometteuse.
On comprend donc aisément que son attitude mentale vis à vis du score va se révéler déterminante dans sa façon de gérer ce secteur particulier du jeu. Il aura également tout intérêt à adopter des stratégies mentales adaptées aux différentes situations spécifiques rencontrées dans le petit jeu et à aborder les fins de trou avec un capital confiance créditeur.
Voici 7 clefs mentales qui vous ouvriront la porte d’un petit jeu solide :
1/ Ne pas s’identifier à son score
Si vous vous identifiez à votre score au point de vous sentir totalement dévalorisé par un triple bogey et en proie à un sentiment de profonde nullité après un quintuple bogey, il est certain que vous risquez d’aborder le petit jeu avec un état d’esprit craintif et peu propice à la réussite. Si vous n’existez qu’à travers vos scores, seuls les pars, birdies et eagles trouveront grâce à vos yeux. Et si vous vous retrouvez à 1 m du trou pour birdie, votre impatience à concrétiser enfin vos rêves de gloire risque fort de générer un telle pression que votre birdie aura tôt fait de s’envoler à tire d’ailes. Pour donner à votre petit jeu de solides bases mentales, vous devez impérativement apprendre à vous détacher du résultat, à laisser le score de côté et à vous centrer sur le jeu. Il ne s’agit pas de scorer. Il s’agit avant tout de jouer. De jouer juste, de jouer le mieux possible certes, mais de jouer. Et rappelez-vous que ce n’est pas votre vie qui est en jeu, mais simplement la balle...
2/ Pour le meilleur et pour le pire
Vous devez vous préparer mentalement au meilleur comme au pire. Quand la balle se trouve dans un bunker, sur l’avant green ou sur le green, vous devez avoir en vous ces 2 pensées :
- “ Tout est possible “ : en 1 coup la balle peut se retrouver dans la “ boîte ”
- “ Quoi qu’il arrive, je peux toujours rebondir “ : il y a une vie même après 4
sorties de bunker ratées ou 5 putts pour finir un trou
Vous aborderez ainsi vos coups avec plus de sérénité et de confiance. Et en cas de très mauvais coup ou de très mauvais score, tout comme en cas de très bon coup ou de très bon score, vous tournerez la page beaucoup plus rapidement. Et vous pourrez de ce fait investir plus vite votre énergie de façon positive dans le prochain coup.
3/ Eviter les obstacles évitables
Prenez l’habitude de mettre le maximum de chances de votre côté en éliminant les obstacles qu’il est possible d’éliminer. Relevez les pitchs qui se trouvent sur votre ligne de putt. Enlevez également les brindilles ou petits cailloux qui pourraient faire obstacle à votre balle sur le chemin du trou. Pensez également à nettoyer la balle. Un peu de boue ou de sable peut suffire à détourner le meilleur des putts. De la même manière vérifiez que vos faces de clubs sont propres. Ce sont là somme toute de petits détails qui peuvent être facilement pris en compte. Il serait dommage de s’en priver par négligence. Beaucoup de petits détails mis bout à bout peuvent finir par faire une grande différence...
4/ Rester lucide
Parfois l’attraction qu’exerce le drapeau combinée avec l’envie de finir avec panache, peuvent conduire à perdre toute lucidité au moment de prendre une décision. Ainsi, dans un bunker très profond, face à une paroi verticale, il peut être judicieux d’envisager de jouer de côté, voire en arrière plutôt qu’en direction du drapeau. Vous perdrez en panache, vous gagnerez en efficacité. Pour une sortie miraculeuse déclenchant l’ivresse des foules, vous en assurerez 50, certes moins glorieuses, mais qui auront le grand avantage de vous permettre de jouer à coup sûr votre coup suivant sur l’herbe. De la même manière, si votre balle se trouve à 3 m du green, sur un lie impeccable, avec un avant-green lisse et égal et qu’aucun obstacle ne se dresse entre votre balle et le trou, le choix du putter paraît être la solution la plus sage et la plus fiable. Pourquoi chipper quand on peut putter ? Pourquoi chercher la difficulté ? Dans une telle situation, il faut savoir mettre son ego de côté et jouer la carte de la sécurité. Là encore, il ne s’agit pas de briller mais de se montrer efficace.
5/ Soigner la prise d’infos
La prise d’informations est essentielle pour tous les coups de golf. Quand il s’agit de petit jeu, elle doit se faire de façon encore plus précise et méticuleuse. A l’approche du drapeau, un joueur doit se transformer en une sorte de Sherlock Holmes golfique. Il doit se comporter comme un fin limier à la recherche de la moindre information utile pour jouer son coup de la façon la plus efficace possible. Comment est le lie ? Plat, en montée ou en descente ? Le sable est-il dur ou aéré ? Comment est l’herbe de l’avant-green ? Y a-t-il du vent ? Quelle est sa force ? Dans quel sens souffle-t-il ? S’agit-il d’un putt en descente, en montée, avec une pente latérale, avec une combinaison de ces différents paramètres ? Quelle est la pente autour du trou ? Rergarder ses partenaires jouer leurs putts ou leurs approches permet de recueillir de précieuses informations sur les pentes et la rapidité des greens. Toutes ces informations mises bout à bout permettent de déterminer la trajectoire la plus appropriée à la situation. Et même si la lecture du terrain n’est pas une science exacte, le joueur abordera son coup avec un maximum de repères et donc avec une plus grande confiance par rapport à sa décision.
6/ Visualiser
La visualisation est le prolongement de la prise d’informations. Une fois qu’un joueur a pris le maximum d’infos utiles, il importe de digérer tout cela. En visualisant la trajectoire qu’il a décidé de donner à sa balle, un golfeur transforme une juxtaposition d’infos souvent éparpillées en un tout cohérent. La visualisation de la trajectoire de la balle comprend 2 phases ( 1 seule pour les putts ) :
- la phase de visualisation de la trajectoire aérienne ( sorties de bunker et chips )
- la phase de visualisation de la trajectoire au sol ( roulement )
Pour les sorties de bunker et les chips, il conviendra d’être particulièrement attentif au point d’atterrissage et d’anticiper mentalement sur le roulement de la balle sur le green en direction du drapeau. Il est évident que ce point d’atterrissage dépend de la distance entre la balle et le trou, du club utilisé et des infos concernant le green. Pour les putts, qu’il s’agisse de longs putts ou de putts courts, on aura soin de viser un point intermédiaire à proximité de la balle et de “ voir “ la balle rouler en passant par ce point et poursuivre sa course jusque dans le trou. S’il est important de voir la trajectoire de la balle, il est tout aussi important de la sentir. Pour cela, quelques coups d’essai permettront de trouver le bon dosage en termes d’amplitude gestuelle et de rythme. On peut également pousser le réalisme de la visualisation jusqu’à entendre mentalement le bruit de la balle quand elle rentre dans le trou.
Prendre l’habitude de visualiser avec précision ses coups dans le secteur du petit jeu, permet non seulement d’occuper le mental et donc d’éviter la “ gamberge “, mais aussi de se programmer positivement à réaliser des coups tactiquement justes et ainsi de les aborder avec une confiance accrue.
7/ Faire des stocks de confiance
Il serait illusoire de penser que la réussite au petit jeu est juste une histoire de talent, de feeling ou de “touch”. Les prédispositions naturelles qu’on peut avoir dans ce secteur du jeu ne sont rien par rapport à l’efficacité et à la constance qui peuvent résulter d’un entraînement constant et rigoureux. Même si les bunkers d’entraînement ne vous attirent guère, même si vous prisez peu les séances de chipping et de putting, soyez certain que les heures que vous passerez à améliorer ce compartiment du jeu vous apporteront une confiance précieuse. Entraînez-vous à chipper en variant les distances, les lies, les clubs, entraînez-vous à putter de près, de loin, en montée, en descente, avec des pentes latérales, entraînez-vous à faire toutes sortes de sorties de bunker, apprenez à aimer le sable. Emmagasinez de l’expérience, gardez en mémoire vos bons coups, corrigez ce qu’il y a à corriger. Augmentez vos capacités concernant le petit jeu. Faites des stocks de confiance. Tôt ou tard, et notamment les jours de disette, vous vous féliciterez d’avoir su vous montrer prévoyant.
Antoni GIROD