Ce mois-ci, nous allons commencer à aborder une des qualités mentales les plus précieuses pour un golfeur. Elle peut dissiper d’un revers de la main les brumes d’un coup, d’un trou ou d’un parcours calamiteux. Elle permet de repartir la tête haute, le regard assuré et le coeur vaillant vers des horizons plus clairs et plus ensoleillés. Elle peut aller jusqu’à transformer le plomb en or. Il s’agit bien sûr de la confiance en soi.
Tout d’abord, un peu d’étymologie. Dans CONFIANCE, il y a “ CON “ ( que nous laisserons volontairement de côté ) et “ FIANCE “ du latin fido qui signifie se fier à. Avoir confiance en soi veut dire tout simplement que l’on peut se fier à soi-même. J’ai confiance en moi si je peux dire à propos de moi-même : “ Ce joueur est fiable. Je peux compter sur lui.”
Si tel n’est pas le cas, je vais commencer à me méfier de moi-même. En devenant méfiant vis à vis de moi-même, la porte du doute s’ouvre et celle de la confiance se ferme.
Pour se faire confiance, pour s’accorder du crédit, il faut se sentir CAPABLE de faire face aux exigences du jeu. Et pour cela, il faut avoir au préalable développé à l’entraînement ses capacités techniques, tactiques et physiques.
Passer des heures au practice à régler son swing, à affiner sa technique, en suivant les conseils éclairés d’un pro, étalonner ses clubs, puis effectuer des parcours de repérage, visualiser ses choix tactiques, devenir plus pointu sur la prise d’infos avant de jouer un coup, tout cela constitue une réelle nourriture pour la confiance d’un joueur. Par ailleurs, soigner sa condition physique, savoir que l’on peut compter sur son corps, que l’on peut taper fort tout en restant relâché, qu’au bout de 3 heures dans le vent, le froid, la pluie ou sous un soleil de plomb les jambes restent aussi vaillantes qu’en début de parcours, tout cela est de nature à nourrir encore davantage la confiance.
Pour être complet, on pourrait dire aussi que la fiabilité du matériel que l’on utilise ( ou plus exactement la fiabilité qu’on lui prête ) exerce également une influence sur le niveau de confiance que l’on peut avoir.
En résumé, le 1er pas dans la construction de la confiance en soi consiste à bien s’entraîner, à bien se préparer techniquement, tactiquement et physiquement, tout en choisissant un matériel approprié.
Le 2e pas est davantage d’ordre mental. En effet, on peut avoir le meilleur entraînement du monde, avoir effectué la meilleure préparation possible et se mettre à douter au 1er coup raté en compétition. Car la confiance en soi n’est pas uniquement affaire de capacité mais aussi et surtout d’état d’esprit.
Sur ce plan, les 3 principales erreurs à commettre si l’on veut empêcher sa confiance de se développer sont :
1/ Attendre d’être parfait pour se faire confiance. Cet état d’esprit entraîne un insatisfaction permanente. Ce que je fais n’est jamais assez bien. Comme je n’atteindrai jamais mon objectif de perfection ( rappelons au passage qu’elle n’est pas de ce monde ), il est clair que je n’aurai jamais confiance en moi.
2/ Attendre d’une préparation optimale un résultat optimal. Il est vrai qu’une bonne préparation a tendance en général à produire de bons résultats. Néanmoins, si je me place dans un état d’esprit d’attente excessive par rapport au résultat, si je me dis : “ Avec tout ce que j’ai fait pour bien me préparer, il y a intérêt à ce que les résultats suivent.” il y a des chances pour que je me mette une pression excessive sur les épaules. Ma confiance devient dès lors très vulnérable. La moindre erreur, le moindre coup raté peuvent la faire littéralement voler en éclat.
3/ Trouver la réussite normale et se focaliser sur ses échecs. Certains joueurs trouvent tellement normal de réaliser de bons coups ou de faire de bonnes performances qu’ils en oublient de les enregistrer pour les mémoriser. De ce fait ils ne se rendent même pas compte de leurs capacités. Si au surplus, ils ont tendance à donner trop d’importance à leurs erreurs, à se focaliser sur le négatif, alors le terrain devient extrêmement propice au développement du doute.
La meilleure façon, et peut-être la seule d’ailleurs, d’échapper à ces 3 destructeurs de confiance, c’est d’adopter en toutes circonstances une attitude positive par rapport aux résultats produits. Pour être plus précis, il s’agit de prendre l’habitude d’évaluer ses résultats en utilisant la stratégie “sandwich“.
Un bon sandwich est structuré de la manière suivante :
( POSITIF / PISTES D’AMÉLIORATION / POSITIF )
Dans un 1er temps, qu’il s’agisse d’analyser une série de coups au practice, un coup réussi ou raté en compétition, un parcours heureux ou malheureux, il convient, si l’on veut nourrir sa confiance, de porter tout d’abord son regard sur les aspects positifs. “ Qu’est-ce que j’ai fait de bien ? Qu’est-ce que j’ai envie de garder et de mémoriser ? “
Puis, dans un 2e temps, je vais m’occuper de ce qui a moins bien marché. ATTENTION. Il importe ici d’éviter de se poser des questions du style :
“ Dans quoi ai-je été mauvais ? Quelles sont mes faiblesses ? Quels sont les points négatifs ? “ Il est beaucoup plus productif pour la confiance et pour la motivation d’orienter son analyse sur : “ Quelles sont les pistes d’amélioration ? Si je pouvais refaire cette série, rejouer ce coup ou ce parcours, qu’est-ce que je ferais de différent ? “ Ce 2e temps de l’analyse va nourrir mes prochains entraînements et me permettre de progresser.
Enfin, dans un 3e temps, je vais me projeter mentalement dans le futur en imaginant à quoi les choses ressembleront une fois que les entraînements auront apporté les progrès et les améliorations définis précédemment.
Cette stratégie d’analyse est très simple. En résumé, elle consiste à prendre les points qui pourraient être perçus négativement en sandwich entre 2 tranches de positif ( le positif du passé et le positif du futur ) et à les transformer en objectifs d’amélioration. Chaque coup, chaque parcours, indépendamment du résultat produit, sont potentiellement nourrissants pour la confiance et les progrès.
Conseil du mois :
Pour développer votre confiance en vous, entraînez-vous, préparez-vous, augmentez vos capacités techniques, tactiques et physiques. Adoptez un état d’esprit positif en utilisant la stratégie sandwich pour évaluer et analyser ce que vous faites. Vous pouvez également méditer sur la phrase suivante :
“ RÉUSSIR EST UNE CHANCE POUR LA CONFIANCE. RATER EST UNE CHANCE POUR LA CROISSANCE.”
Antoni GIROD